Ouganda

En Ouganda, International Alert intervient dans les domaines de la gouvernance sensible aux conflits et du développement équitable depuis 2007. La relation entre investissement économique et droits humains, en particulier, est au cœur de sa mission.

Nous accompagnons les administrations, les entreprises et les communautés dans la prévention et la résolution des conflits qui naissent de l’investissement dans les terres, les ressources naturelles et les infrastructures.

À l’heure où l’Ouganda développe ses industries gazière et pétrolière, de vieux vecteurs de tension perdurent : litiges fonciers, doléances des communautés irrésolues, mise en application incohérente des règles et des protections. Nos plus récents projets ont contribué au renforcement de la communication et de la confiance entre les pouvoirs publics, les entreprises et les populations locales. Les études et orientations issues de ce travail continuent de guider les politiques et pratiques touchant à la relation entre entreprises et droits humains. Partisans d’un meilleur contrôle des pouvoirs publics, appuyé par une conduite responsable des entreprises, nous avons équipé les communautés des outils et de la confiance en soi nécessaires pour exprimer leurs préoccupations et chercher à obtenir des résultats équitables avant que les tensions ne s’aggravent.

Le contexte du conflict en Ouganda

L’Ouganda connaît la stabilité politique depuis près de quarante ans, mais les risques de conflit se font de plus en plus sentir. Le pouvoir décisionnel est très centralisé, la liberté des médias est limitée, et les citoyens ordinaires, les dirigeants locaux et les organisations de la société civile disposent de très peu de moyens pour influencer les grandes décisions ou exprimer leurs préoccupations. Aussi, les tensions ont tendance à se manifester indirectement – litiges fonciers, résistance silencieuse aux projets, ou démobilisation citoyenne – plutôt que par la confrontation ouverte.

Les dirigeants des administrations locales sont censés assurer la fourniture de services et répondre aux besoins des communautés, mais dans la pratique les décisions sont prises par l’administration centrale, très éloignée des personnes les plus concernées. Les dirigeants locaux n’exercent ainsi qu’un maigre contrôle sur les budgets ou les grandes décisions d’investissement et de gestion des terres.

La découverte de pétrole dans la région de l’Albertine, à l’ouest du pays, a considérablement accru le contrôle de l’État sur les ressources dans les zones concernées. Les décisions concernant l’acquisition de terres, la réinstallation des communautés, les indemnisations, les pratiques d’emploi et l’impact environnemental sont prises au niveau central. La participation du public est limitée. Lorsque l’indemnisation est retardée, que le régime foncier manque de clarté ou que les populations locales, en particulier les femmes et les jeunes, sont exclues des négociations, les récriminations s’amplifient. Ignorées, ces récriminations peuvent se transformer en conflit local de longue durée.

La population ougandaise est l’une des plus jeunes du monde, mais les emplois ne suivent pas le rythme rapide de la croissance démographique du pays. Beaucoup de jeunes se tournent vers l’économie informelle ou vers des emplois instables n’offrant que peu de sécurité face aux chocs économiques et climatiques. Dans les régions où d’importants investissements sont en cours, cette jeunesse voit souvent se dessiner la perspective d’emplois et d’un niveau de vie améliorée. Mais lorsque ces attentes sont déçues, la frustration monte et la confiance dans les institutions s’étiole.

Au nord du pays, en particulier dans les régions de Karamoja, Lango et Acholi, les difficultés causées par le changement climatique sont considérables et de plus en plus lourdes. Les communautés qui vivent de l’agriculture et de l’élevage sont à la merci de sécheresses à répétition et d’une pluviosité imprévisible. Elles disposent de moins en moins de terre et d’eau. Ces effets climatiques intensifient la concurrence, contraignent les communautés à partir et mettent à rude épreuve les liens sociaux et les régimes de gouvernance locale fragiles. Le travail de consolidation de la paix dans cette région peut être bien plus développé encore, pour aider les communautés à construire des moyens de subsistance plus résilients, à gérer les ressources naturelles communes de manière plus équitable.

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