Éthiopie

Depuis 2021, International Alert œuvre à la consolidation de la paix et à la prévention du conflit en Éthiopie en s’attaquant aux vecteurs de violence qui déstabilisent les communautés.

Notre action renforce la collaboration transfrontalière en matière de sécurité et de gestion des ressources, notamment hydriques et foncières. Elle favorise la résilience des moyens de subsistance au changement climatique, construit des institutions responsables et équitables, crée des conditions propices à la croissance économique et à l’investissement sans exclusion.

Nous prônons des approches qui tiennent compte du conflit et de la problématique hommes-femmes dans le contexte local, en plaçant les groupes concernés au centre de toutes les solutions. Nous aidons les pouvoirs publics, le secteur privé, la société civile et les communautés à :

  • améliorer les politiques et les pratiques de gestion et de gouvernance des ressources naturelles, comme la terre, l’eau et les pâturages,
  • encourager la conduite responsable des affaires, et
  • à concevoir et mettre en œuvre des initiatives qui agissent sur les liens entre climat, conflit et inégalité de genre.

Nos projets en cours sont situés au sud de l’Éthiopie, dans la région transfrontalière de Turkana-Sud Omo. L’une des plus fragiles de la corne d’Afrique, cette région est habitée par des communautés pastoralistes. Notre action consiste à résoudre et à prévenir les conflits causés par le changement climatique tout en veillant à ce que les femmes – l’un des groupes les plus marginalisés et les moins bien servis – aient un rôle sérieux à jouer dans la mise en place de solutions.

Le contexte du conflit en Éthiopie

Le paysage conflictuel en Éthiopie, nation diverse de plus de 120 millions d’habitants, est un paysage complexe. La guerre civile à grande échelle dans le nord du pays (2020-2022) a officiellement cessé, mais ses causes sous-jacentes sont à ce jour irrésolues et continuent d’alimenter l’instabilité.

Les modalités de partage du pouvoir et de l’autorité entre le gouvernement central et les régions découpées selon des lignes ethniques sont une source fondamentale de tensions. La lutte pour le contrôle des territoires, d’une profonde importance politique et culturelle, est indissociable de l’identité, des revendications historiques, et de la survie des groupes dans le système fédéral éthiopien. Elle alimente directement les conflits pour les terres fertiles, les frontières, et les ressources naturelles essentielles, notamment l’eau.

Au sud, les communautés de la région transfrontalière de Turkana-Sud Omo – qui comprend les Dassenech et les Nyangatom en Éthiopie, et les Turkana au Kenya – ont toujours géré l’accès à l’eau, aux pâturages et aux zones de pêche par les déplacements saisonniers et la négociation. Cela devient cependant de plus en plus difficile à cause du changement climatique. Les sécheresses prolongées, l’irrégularité des pluies, la variation des niveaux de l’eau de l’Omo et du lac Turkana ont réduit l’accès aux ressources naturelles dont dépendent les populations. La concurrence s’intensifie et les mouvements transfrontaliers deviennent incontrôlables, d’où le risque de conflit violent. Plus qu’un problème humanitaire, la pénurie de ressources dans les régions transfrontalières est aussi un enjeu de sécurité climatique porteur de conséquences régionales et mondiales.

L’instabilité économique vient aggraver ces défis. Les communautés à faible revenu touchées par le conflit ont été lourdement affectées par l’inflation, le chômage des jeunes et la forte baisse de valeur de la monnaie nationale, le birr éthiopien, mi-2024. À l’échelle locale, le contexte est marqué par les raids de bétail, les cycles de vengeance, la radicalisation des jeunes, et la disponibilité croissante d’armes.

Les conséquences à plus grande échelle sont lourdes. L’instabilité, en plus de perturber la sécurité et les économies locales, fait ressentir ses effets au-delà des frontières, dans les régions voisines de l’Éthiopie, de l’Ouganda et du Sud-Soudan. Les différences dans la façon dont le Kenya et l’Éthiopie gouvernent leurs régions frontalières et abordent la consolidation de la paix, conjuguées avec une présence inégale de l’État dans ces régions éloignées, rendent difficile d’élaborer des réponses communes qui soient réellement déterminées par les besoins des communautés locales.

De manière plus générale, cette région illustre l’effet aggravant du changement climatique sur les vulnérabilités existantes : il approfondit la pauvreté, force le déplacement des populations, et menace des écosystèmes d’importance internationale, comme le lac Turkana.

Bailleurs

Notre travail de consolidation de la paix et de prévention des conflits en Éthiopie est rendu possible grâce au généreux soutien de nos donateurs.

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