Au cours des dix dernières années, un certain nombre de pays de la région des Grands Lacs ont entrepris un processus de transition politique, suite à une période de conflit. Dans des pays tels que l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC), il y a eu une amélioration significative de la participation des femmes à la prise de décision. Il existe toutefois un certain nombre de défis à prendre en compte. Ceux-ci comprennent: la traduction des gains politiques en changements du statut des femmes à tous les niveaux de la société; la question de la représentation quantitative contre la représentation qualitative, qui doit clairement prendre en compte les besoins des femmes; des réformes législatives et politiques qui appuient et favorisent la promotion des femmes; le maintien des acquis; le rôle et la position des femmes dans la politique pluripartite; l’établissement de liens effectifs entre les femmes politiques et le mouvement des femmes ainsi que la mise en évidence de la contribution apportée par la participation politique des femmes aux processus de consolidation de la paix dans la région.
EASSI et International Alert ont lancé un projet de recherche qui vise à évaluer la participation des femmes aux transitions politiques dans les quatre pays cités ci-dessus, en mettant l’accent sur les mécanismes et les processus mis en place par les gouvernements pour promouvoir la participation des femmes. Le but général du projet de recherche est d’évaluer le rôle des femmes dans la transition politique dans chaque pays, en vue de tirer des leçons générales partir de problèmes d’une importance locale particulière. Les leçons tirées du processus seront utilisées pour informer les décideurs, les responsables de la mise en?uvre et les partenaires au développement, afin d’offrir aux femmes de la région des opportunités leur permettant de contribuer à l’amélioration de la gouvernance et à l’instauration d’une paix et d’une sécurité durables.
La première étape dans la validation du concept du projet a été la tenue d’une série de reunions consultatives préliminaires en 2006 dans les quatre pays, avec un échantillon d’organisations féminines, dans le but de débattre du projet et de convenir d’un plan de mise en oeuvre.1 A la suite du processus consultatif, il a été jugé nécessaire de tenir un atelier consultatif régional, du 28 au 30 août 2007. Les principaux objectifs de l’atelier étaient:
- D’identifier les principales questions qui affectent la participation des femmes à la transition politique dans des pays sortant de conflits, et en débattre.
- D’identifier les domaines/questions prioritaires spécifiques à chaque pays, pour la recherche et la documentation.
- D’identifier et de s’accorder sur les méthodologies appropriées pour la recherche et la documentation.
- De débattre des termes de référence et de nommer un Comité Directeur régional pour la recherche.
L’atelier était de nature participative et interactive et diverses méthodes ont été utilisées, notamment des discussions en plénière, la présentation d’exposés, le travail de groupe et des séances de brainstorming. L’atelier regroupait 28 participantes des quatre pays de la région des Grands Lacs. Les principales facilitatrices de l’atelier étaient la Pr Grace Bantebya Kyomuhendo et le Dr Florence Kyoheirwe Muhanguzi du Département des études sur les femmes et le genre de l’Université Makerere. Ce rapport présente les travaux de l’atelier. L’atelier était divisé en six sessions, avec quatre présentations principales sur:
- La signification et l’importance de la transition politique dans les quatre pays sortant de conflits.
- Les conclusions des consultations préliminaires.
- La méthodologie de la recherche féministe.
- La voie à suivre proposée.




